Histoire

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1147

1588

1793

1944

Les Seigneurs de Présentevillers

Histoire religieuse

Evolution démographique

Toponymie

Situation géographique

Présentevillers est installé au point d’émergence d’une source abondance au contact des calcaires jurassiques et des argiles oxfordiennes (320-330 m). Elle donne naissance à un petit ruisseau qui rejoint rapidement le Rupt, affluent de l’Allan à Bart. Ainsi, Présentevillers est au fond d’une dépression fermée à l’est par le bois de Miémont et largement ouverte à l’ouest vers Sainte-Marie, située entre la “cuesta” jurassique corallienne du Bois de la Côte, 435 m (sur Dung et Saint-Julien), et la remontée lente puis rapide des couches bajociennes et bathoniennes de l’anticlinal secondaire du Mont Bart (430-450 m). La crête fait limite avec Bavans.
Le village actuel a la forme d’un T, marqué par la route de Sainte-Marie à Dung et le chemin de Bavans. Le vieux centre était surtout localisé autour de la fontaine et du temple, mais la proximité de l’aire urbaine montbéliardaise a favorisé l’implantation d’un nouvel habitat non rural par des ouvriers travaillant dans les usines de la région.

Haut de la page   Une trouvaille archéologique

Une trouvaille archéologique en 1885 prouve que l’ancienneté de Présentevillers remonte au Haut-Moyen-Age. Des carriers trouvèrent au “Bois des Fumières” plusieurs sépultures au cours d’une exploitation de pierre à bâtir. Henry l’Epée réussit à fouriller trois tombes. Orientées au soleil levant, elles donnèrent un matériel typiquement mérovingien et burgonde, avec un scramasaxe, une boucle de ceinture et sa contreplaque et quelques débris informes de fer. Les tombes elles-mêmes étaient faites en pierres sèches et levées couvertes de quelques dalles.

Haut de la page   1147 à 1550

La première mention historique de Présentevillers date probablement de 1147. Vous trouverez ci-dessous le texte intégral relatant cette période (Les Seigneurs de Présentevillers).

Haut de la page   1588

Guerres et destructions du XVe siècle, n’avait pas épargné le village. La raid des Guise en 1588, lié aux guerres de religion fut encore plus épouvantable par l’incendie de 17 maisons pillées et le vol de 28 chevaux, 44 bovins, 17 porcs et de toutes les récoltes. Les pertes furent estimées à 9975 florins ! Le village fut l’un des plus ravagé du “Pays”. A peine reconstruit, il subissait encore après 1635, l’incendie et le pillage par les bandes de Saxe-Weimar. De ces “brûlements” vient sans doute le surnom de “tius breulais” donnée aux habitants éprouvés. Intégré au comté de Montbéliard depuis toujours, le village subit ensuite les taxes, tailles et levées pendant l’occupation française de 1676 à 1697. La paix revint heureusement pendant tout le XVIIIe siècle.

Haut de la page   1793

Présentevillers fut rattaché à la France en 1793 en même temps que la principauté de Montbéliard et de 1793 à 1816 changea 4 fois de département et 2 fois de canton. En 1804, le village eut un des premiers cadastres de la région. Pendant la “guerre de Septante”, la village assista, après le 18 janvier 1871, à la retraite des “Bourbakis” de l’armée de l’Est, battue sur la Lizaine et refluant depuis la vallée du Rupt, vers le sud vers Besançon.

Haut de la page   1944

La seconde guerre mondiale fit davantage de ruines après la stabilisation du front de septembre au 14 novembre 1944, non loin du village. Présentevillers fut dans la poche tenue par l’ennemi qui multiplia les exactions et les représailles contre la résistance. Le 28 Octobre 1944 fut un jour de deuil pour le village où 15 F.F.I furent arrêtés, torturés et fusillés à l’orée du bois avec l’instituteur. L’attaque de la libération fut déclenchée le 14 novembre sur tout le front. La lutte fut difficile pour le Mont Bart défendu par des contre-attaques allemandes venues de Bavans. Le fort ne tomba que le 17 novembre. Mais dès le 16 novembre à 23 heures, le bataillon Vigan et les tirailleurs du 5e R.T.M. libérèrent Présentevillers et poursuivirent leur marche avec des blindés de la 2e D.I.M. sur Dung et Montbéliard libérés le jour suivant.

Source du texte ci-dessous : Bulletin SEM - BMM 054 SOC 55 Volume 60 - 1940

LA PAUVRETE D’UNE FAMILLE NOBLE A LA FIN DU XVe SIECLE

LES SEIGNEURS DE PRESENTEVILLERS

On connaît assez bien la condition des anciens mainmortables, et celles des affranchis de nos villages montbéliardais. On sait aussi par les excellents travaux de nos prédécesseurs en histoire locale, ce qu’était jadis, la situation des artisans et des négociants de nos cités munies de franchises.
Peut-être a-t-on laissé trop dans l’ombre l’état social des gentilshommes du comté de Montbéliard et de ses seigneuries annexes.
Car nous avons eu, nous aussi, des seigneurs de haute noblesse, écuyers et chevaliers, apparentés aux plus anciennes lignées comtoises, et qui ont joué pendant longtemps un rôle important ; certains seigneurs de nos villages ont même figuré honorablement dans l’ordre des chevaliers de St Georges (1) d’illustre mémoire : les d’Allenjoie, de Blamont, de Montbéliard, avec la branche bâtarde de Franquemont, les de Pierrefontaine, de Présentevillers, de St Maurice...
Une de ces familles nobles montbéliardaises a retenu récemment notre attention, en apparaissant dans quelques pièces d’archives des XIVe et XVe siècles ; ce qui nous a le plus frappé, c’est sa pauvreté, contrastant avec la richesse des puissantes famille suzeraines de la même époque, et même avec l’aisance des familles moyennes de la ville et de la campagne : nous voulons parler des sires de Présentevillers, écuyers.
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(1) Pour être admis dans cette confrérie de chevaliers, il fallait la preuve de 4 lignées de noblesse, du côté parternel et du côté maternel ; puis l’usage vint d’exiger 16 quartiers remontés à 130 ans de noblesse ; enfin il fallut prouver sa filiation et son nom jusqu’à son 10ème aïeul, sans anoblissement de faveur.
L’ordre de Saint Georges était exclusivement catholique : c’est pourquoi Michel de Franquemont, ayant embrassé la cause de la Réforme, en fut banni au XVIe siècle (Aperçu succinct... du marquis Polycarpe de Saint Maurice)    

Le blason des seigneurs de Présentevillers portait : “Chevronné d’or et de gueules à six pièces”. Les allainaces de la famille jusqu’à la fin du XVIe siècle, époque de la disparition du nom, furent d’après Suchaux, de Lurion, Mauveaux et d’après nos propres recherches : les d’Accolans, d’Augicourt, de Beaumotte (les pins), de Bussurel, de Blickterswick ( en Gueldre), de Coublans (en Charollais) ; de Montarby (Lorraine), de Pierre-Fontaine (les-Blamont), de Vaudrey (dit Courlaou, Jura)? de Vennes (Cusance) et de Vy (les-Lure) auquels nous pouvons encore ajouter : les de Hardegney et les de Mamirolle
Il est admis par les mêmes auteurs que la famille “noble de nom et d’armes” qui posséda la seigneurie de Présentevillers (à 7 kilomètres de Montbéliard) et “en porta le nom” était sortie du célèbre comté de Ferrette, étroitement uni par ses origines au comté de Montbéliard, et demeuré en relations avec celui-ci, fort longtemps, par les seigneuries laïques et ecclésiastiques.
L’historien Ch. Duvernoy signale l’apparition du premier représentant de cette famille déjà en 1172 : c’est le chevallier Eberhard de Présentevillers, qui figure comme témoin dans “une charte de Pierre de Lomont (Faucogney), frère de Gislebert vicomte de Vesoul, au profit du monastère de Lieucroissant”. Duvernoy rappelle aussi qu’en 1250, un Thierry de Présentevillers, écuyer “fut tué dans un duel judiciaire ordonné entre lui et Jean de Corre, pour la possession d’un étang ”. Enfin dit-il, un “Jean de Présentevillers, qualifié : “honorabilis et sapiens scutifer, legum et decretorum licentiatus “ était conseillé de Philippe le Bon en 1466, et trois ans après, subrogé du président de Parlement de Bourgogne “
L’abbé Richard, dans son remarquable ouvrage sur l’ancienne seigneurie de Neufchâtel en Bourgogne, cite encore pour l’année 1389, Agnès de Présentevillers parmi les vasseaux de Thiebaud VI : elle fait hommage à son suzerain pour des biens près de Bourogne (près de Belfort).
D’autre part, nous avons trouvé, dans les archives du Chapitre St-Mainboeuf de Montbéliard (Arch. Doubs G. 1442) un parchemin original de 1351, où apparaît un Perrin de Présentevillers, écuyer, fils de feu Richart de Présentevillers, écuyer, comme vendeur d’une modeste cense de 12 sols estevenans au profit de l’église de Montbéliard, dont il a reçu 16 florins de Florence. Il assigne cette cense annuelle et perpétuelle sur un meix “ que fu Ulrel de Présentevillers “. Sur le dos de ce parchemin, est mentionné un Gauthier de Présentevillers “ père d’Henry “, comme successeur de Perrin, pour le paiment de la cense.
Ce Gauthier apparaît encore, incidemment dans un acte de 1458, par lequel Guy e Faverney, abbé de Valdieu (en Haute-Alsace), accorde en amodiation à deux laboureurs Jean et Perrin Mouhot, frères, les meix et propriètés de la chapelle Saint Robert, de Présentevillers, dépendant de son abbaye, pour 2 bichots de grain (Arch. Doubs E suppl.2467).
C’est d’Henry, fils de Gauthier, qu’il sera surtout question dans les pièces que nous analyserons et qui sont datées de 1487, 1496 et 1499.
Disons tout de suite que son fils Claude, écuyer comme lui, lui succèda vers 1504, sur son fief de Présentevillers, mais qu’il y resta peu de temps ; car quelques années après, c’est Léonard de Présentevillers, écuyer (sans doute un autre fils d’Henry) qui s’y trouve comme seigneur.
Tous deux furent reçus dans l’ordre de la chevalerie de Saint Georges, Léonard en 1523 et Claude en 1530. Léonard mourut sans enfant en 1530, et ses héritiers testamentaires universaulx, “ seuls et pour le tout ” furent “ par sentence de la court souveraine de Montbéliard” , Martin de Mugnans et sa femme Barbe de la Jonchière, demeurant Colombier-les-Vesoul. Ceux-ci vendront finalement, le fief de Présentevillers (seigneurie et chevance) à Ulrich de Wurtemberg, comte de Montbéliard, le 9 janvier 1514, et il n’en sera plus question dans nos pièces d’archives, sinon pour les redevances des sujets.



Quelle était l’importance de la seigneurie de Présentevillers à la fin du XVe siècle ? A en juger par divers documents, elle devait s’être singulièrement amenuisée, depuis les embarrs d’argent de Perrin, fils de Richard, en 1351. En effet, le 2 avril 1429, Henri d’Accolans, seigneur de Beveuge, en détenait déjà une partie puisqu’il la revend (avec d’autres fiefs à Couthenans, Raynans et Saint Julien) à Henri de Franquemont, bâtard de Montbéliard (Arch. Nat. K 2087). Le 22 mai 1452, c’est Guillaume de Vy, écuyer qui (1) en vend encore une autre partie au même Henri de Franquemont, pour 20 florins d’or du Rhin (Arch Nat. K 1796 Comp. Evènements militaires, de A Tuetey, pp 18 et 23). Nous savons par d’autres documents, que les sires de Méligny, seigneurs de Dampierre-sur-le-Doubs avaient aussi à Présentevillers à cette époque, deux petits fiefs restés sous la dépendance des seigneurs du nom, donc sous-inféodés aux comtes de Montbéliard ; que Jean de Grammont, écuyer, seigneur du lieu et de Nommay, y avait des dîmes, qu’il revendit ensuite à Claude de Franquemont, seigneur du lieu et du Magny d’Anignon (Arch. Hté-Saône E 238), et nous avons déjà fait allusion à une seigneurie ecclésiastique de l’abbaye bénédictine de Valdieu (près d’Altkirch), qui y détenait plusieurs meix mainmortables (avec environ 25 hectares de terres), et le droit “du dîme des dîmes”, à cause de sa chapelle St Robert, desservie par un chanoine de Saint-Mainboeuf (Arch. Doubs E. suppl 2467).
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(1) En qualité d’héritier de Huguenette de Mamirolle, sa femme.

La vente en 1544, du fief de Présentevillers à Ulrich de Wurtemberg, comte de Montbéliard et seigneur suzerain, pour la somme de 600 livres estevenantes ne doit point nous faire illusion sur sa valeur : on payait alors non seulement “la chevance”, c’est à dire l’autorité. D’après nos documents, le fief restant à la famille primitive comprenait, en tout et pour tout : quatre maignies d’hommes mainmortables (Richard Grosgirard, Jean-Martin Breschaulx, Nicolas et Girard Prêtre) qui devaient annuellement, ensemble 8 poules et 28 quartes de grain, avec les tailles, les censes et les corvées représentant une valeur totale annuelle de 5 francs ; on comptait encore un revenu de 22 frs pour les restes de la grange et d’une “ petite demeurance ruinance” avec “ fossés alentour”, et pièces de terre en dépendant.  Le seigneur du fief avait le droit de moyenne et basse justice ; il avait droit aux deux hommages ses sires de Dampierre ; il avait aussi le droit de prendre du bois dans les forêts de la communauté, pour réparer et reconstruire sa “maison forte” ; enfin, il avait droit d’affutage et de pâturage. Mais, d’autre part, sur d’aussi maigres revenus, il fallait payer 34 sols estevenans de cense au seigneur suzerain de Montbéliard, 49 sols à l’abbaye de Belchamp, et 56 sols au chapitre de Montbéliard, soit au total 7 livres estevenantes (Arch. Doubs E 869 et 870).
Comment la famille de Présentevillers avait pu en arriver là ? Grâce aux pièces d’archives qui nous ont été conservées, nous pouvons suivre au moins quelques traces de son appauvrissement graduel.
Le 16 juin 1487, Henry de Présentevillers, écuyer, se trouve dans une grande gêne ; il possède sans doute, à côté de son fief de Présentevillers, quelques autres biens, puisqu’il est noté comme ayant à Clerval, une maison en indivis avec un Jean de Présentevillers ( qui pourrait être un homme de loi cité plus haut), mais il n’a pas d’argent liquide, et “pour son grand besoin et nécessité”, avoue-t-il, “pour éviter plus grands dommages”, il se fait avancer la modeste somme de 20 livres estevenantes par l’abbé de Lieucroissant, Pierre Papay, représenté par son frère Regnault Papay, curé de Clerval, en assignant les 20 sols estevenans de cense à payer annuellement, sur sa part de maison de Clerval (Arch. Nat. K 2170).
En 1496, nous surprenons une nouvelle alerte : Henry de Présentevillers autorise sa femme, Jeanne de Hardegney, qui possédait une petite rente de 22 quartes de grain et de 2 gelines à Mancenans-les-L’Isle, achetée du monastère de Lieucroissant, à la revendre à l’abbaye de Belchamp, pour toucher tout de suite, 28 livres estevenantes, dont le ménage avait le plus grand besoin (Arch. Hte-Saône E. 556).
Enfin, le 20 mars 1499, Henry de Présentevillers, qui était déjà entré dans la voie du fermage à bail, semble vouloir réagir contre l’adversité en faisant un marché avantageux avec un “montagnon” nommé Richard Monin, originaire “de dessus le Mont-de-Lavaulx” (près du Russey). Il passe avec ce nouvel arrivant dont la famille était déjà installée à Laire, un traité d’amodiation par lequel le seigneur offre à son fermier : sa maison de Présentevillers, avec la grange et les pièces de terre en dépendant, et avec les corvées de moisson que lui doivent ses serfs, le tout pour le terme de 12 ans, en tenant compte de la valeur de la moisson sur pied pour la première année ; et pour la redevance ordinaire, chaque année, de 2 bichots et 6 quartes par moitié froment et avoine, et d’une quarte par moitié pois et fèves.  Il se réserve pour lui-même, quand il séjournera à Présentevillers, la chambre haute, un petit verger, une place à l’écurie, avec droit à la litière pour son cheval et un pré pour le fourrage. Quant à sa femme, elle garde une oiche (chenevière) et un petit jardin, ce qui évoque les moeurs patriarcales où les dames nobles filaient au rouet (Arch. Hte-Saône E. 556).
Mais le marché fut résilié avant terme, soit par suite de la mort du seigneur, soit parce que Richard Monin n’y trouva pas son compte ; car en 1504, nous trouvons la minute d’un autre marché préparé par Claude de Présentevillers, fils d’Henry, cette fois avec un mainmortable du fief paternel, Jean Breschaulx. Comme cette minute du tabellion de Montbéliard est barrée de plusieurs traits, il est probalbe que rien ne fut conclu définitivement ; pourtant on trouve souvent dans de pareils embryons d’actes notariés, bien des détails intéressants. Ici l’on voit nettement le seigneur pauvre essayant de tirer de son serf tout ce  qu’il peut encore en tirer. D’après le projet que nous avons sous les yeux, Claude de Présentevillers, écuyer admodie donc pour 8 ans à JeanBreschaulx, “son homme”, la maison forte de Présentevillers avec tourelles, fossés et pont, de même que la grange, les terres et près, sans rien excepter de ce qui en dépend. Il se réserve encore en chambre pour lui et son serviteur, une étable pour ses chevaux, à chaque séjour qu’il fera sur son fief ; le fermier, de son côté, devra nourrir et garder les chevaux du seigneur quinze jours par an, à ses propres frais, sans toutefois devoir aucune compensation au cas où le seigneur ne jugerait pas bon de résider. Jean Breschaulx devra en outre, recouvrir dans le délai de deux ans, le toit de la grance, réédifier le mur devant la porte, entretenir le pont de la maison, le tout à ses frais, et rendre en toute occasion, les édifices, clos, fossés et labours en bon état. Il paiera annuellement 2 bichots de grain et il prendra encore à sa charge toutes les rentes et censes que le sire Claude doit à cause des près. Comme maigre dédommagement, le seigneur lui garantit, envers et contre tous, la franchise de la ferme entière. Enfin “si le cas advenoit que ledit sire Claude prengnoit femme, ladite admodiation doit et veut que soit nulle et de nulle valeur “(Arch. Doubs E. Suppl 231).
Il est possible que Claude de Présentevillers ait déjà eu, en faisant ce projet de bail, des velléités matrimoniales, avec en secret désir de quitter les lieux ; mais il est sûr que c’est Léonard qui reprit le fief et qui continua à se débattre avec des fermiers, pendant que la “maison forte” par une singulière ironie des mots, se dégradait et tombait en ruines.
A côté de cet affaissement de la puissance des nobles de Présentevillers (1), des sujets mainmortables du fief voisin trouvaient de l’argent pour payer leur affranchissement personnel. En 1499, en effet, un Richard Mouhot (2) de Présentevillers, achetait sa liberté de Pierre de Franquemont, pour 5 florins d’or du Rhin, payés comptant, et une redevance annuelle (Arch. Doubs E. 869).
Nous touchons ici à un phénomène de crise sociale fort curieux à observer :  car ce que nous saisissons sur le vif dans notre petit coin de terre est loin d’être une exception. Déjà Ch. Schmidt avait écrit en 1897, à propos des seigneurs d’Alsace : “A partir du XIIIe siècle, on voit paraître le morcellement progressif des grandes propriètés laïques. A mesure que la noblesse, quittant la campagne pour résider dans les villes et pour suivre la cour, s’adonne aux plaisirs et au luxe, ou se livre à des guerres ruineuses, elle est réduite pour satisfaire à ses besoins nouveaux, à vendre des parties de ses domaines tantôt à des églises ou des seigneurs plus puissants, tantôt à des bourgeois. Ces derniers deviennent même propriètaires ruraux, au même titre et avec les mêmes droits que ceux dont ils détenaient les biens” (Seigneurs et paysans ... p.193).
Mais il y a d’autres choses encore : même sans goût de luxe ou des plaisirs, les seigneurs de la fin du moyen âge ayant jugé bon de vivre sur les territoires à valeur décroissante, sans entrer dans le grand courant de l’activité financière de leur temps, ne pouvaient échapper aux lois qui régissent la matière inerte.
Les spécialistes moderne de l’histoire économique et sociale comme Henri Sée, Lucien Febvre, Marc Bloch, Paul Raveau, signalent partout des traces du déséquilibre financier, monétaire et fiscal de la fin du moyen âge. Par suite de la découverte de l’Amérique et de l’afflux sur le marché européen de grandes quantités d’or et d’argent, provoquant la spéculation sur les changes, la valeur des monnaies françaises changea, leur pouvoir d’achat diminua, cependant que le coût de la vie augmentait. Ce fut le coup de grâce donné aux rentes et censes annuelles et perpétuelles. Pour vivre sur ses revenus, comme le faisaient d’ordinaire les seigneurs, il fallait posséder un immense domaine, et ausi un important capital de réserve à faire valoir.
Car il ne faut point perdre de vue que les nobles d’autrefois ne pouvaient vivre de leur titre de justiciers et de maîtres ; ils étaient aussi rentiers et propriètaires exploitants. Or, même en menant une vie simple, ils voyaient leurs revenus immuables devenir d’infimes ressources ; et comme ils avaient fini, un peu partout par faire, avec leurs sujets, même mainmortables, des sortes de contrats à forfait pour toutes les redevances, ils étaient liés, autant que ceux-ci, par des engagements irrévocables ; et les sujets d’autre part, payant des redevances immuables aux taux anciens, pendant qu’ils produisaient des denrées vendues aux nouveaux prix, parvenaient, dans certaines circonstances favorables, à faire des économies et à acheter leurs franchises.
Les petits seigneurs succombèrent à la crise, en laissant la place aux travailleurs gagnant leur argent, le plus possible, au cours du jour, aux négociants et fonctionnaires déjà enrichis ou aisés, quelquefois aux usuriers et, en général à tous ceux qui savent profiter des troubles sociaux en tous temps.
Paul Raveau fait, à propos du Poitou, la remarque suivante en partant du règne de Louis XI : “la noblesse féodale, hantée par la crainte de déroger en trafiquant et en spéculant ne connut que le revers de la médaille de cette crise qui en enrichissait tant d’autres. Privée, par la diminution incessante du pouvoir d’avaht de la livre tournoise, de la majorité de ses revenus, aux prises, d’autre part, avec l’augmentation non moins continue du coût de la vie, elle ne pouvait manquer de succomber ; elle fut en effet pour une bonne partie ruinée, dépouillée de ses fiefs et seigneries ...” (Revue historique CLXII, p. 291).
Nous voyons, de même, notre noblesse montbéliardaise prise netre les deux mâchoires d’un étau : ne pouvoir augmenter ses revenus et dépenser toujours davantage, meêm en ne mangeant que du pain, des pois et des fèves, et en s’habillant de chanvre et de droguet. Il fallait donc, si l’on ne pouvait trouver de situation lucrative, vendre des biens en se dépouillant, emprunter en hypothéquant ce que l’on possédait encore, et finalement, s’effondrer sous le poids des dettes.
C’est là ce que nous aide à comprendre la petite histoire des seigneurs de Présentevillers. (3)

Charles MATHIOT
Pasteur à Vesoul

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(1) Il se pourrait que Claude de Présentevillers (mort en 1532) ait réussi à relever sa branche en Franche-Comté, si Hugues et Nicolas de Présentevillers, reçus dans l’ordre de St-Georges, successivement en 1543 et 1551, sont ses fils. Nicolas, ayant épousé Nicole d’Augicourt, était devenu seigneur d’Oyrières, Ecuelle et Percey-le-Grand ; sa fille Anne épousa Jean-Guillaume de Vaudrey, seigneur de Beveuge, lui-même chevalier de St-Geroges.
(2) Richard Mouhot deviendra maire de Claude de Présentevillers ; d’autres Mouhot seront “maires de vassaulx”.
(3) Travail lu le 17 juillet 1935 au XXVIIe Congrés de l’Association Franc-Comtoise, tenu à Montbéliard.

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HISTOIRE RELIGIEUSE

A la réforme(XVIe siècle), Présentevillers fut rattaché à la paroisse de Bavans ; le pasteur venait faire le culte dans la chapelle priorale de Saint Robert transformée en temple. Cependant, les biens possédés par le prieuré ne furent pas sécularisés et continuèrent à appartenir à l’abbaye de Valdieu jusqu’à la Révolution. Les habitants, bien que tous luthériens, continuaient à payer des redevances : la dîme Saint Robert ou “dîme des dîmes”. Celle-ci, inféodée, était levée par les bourgeois de Montbéliard qui avaient traité à forfait avec l’abbaye. En 1760, la chapelle n’était plus qu’une ruine ; on décida de la reconstruire parès bien des difficultés. Les villageois auraient bien voulu affecter la dîme à cette reconstruction, ils ne purent y parvenir parce que les jésuites d’Ensisheim (68) venaient d’hériter de l’abbaye de Valdieu et ceux-ci ne voulaient pas participer à l’entretien d’un temple hérétique ! La Compagnie de Jésus fut supprimée en 1763, le collège de Colmar hérita de ses biens, il se désintéressa du sort de la chapelle tout en conservant les biens et dîmes de Présentevillers. En 1770, l’eglise fut rebâtie (dotée d’une nouvelle cloche), achevée en 1772 et consacrée le 28 juin. A partir de 1785, elle fut desservie par le vicaire du vieux pasteur Jeanmaire de Bavans.
Le temple fut complètement recostruit en 1850 sur un autre endroit que le précédent. Il fut consacré, le 16 mai 1852 : c’est une grande nef en grès rouge flanquée d’un haut clocher pointu. Le choeur est fermé par une belle grille en fer forgé.
Le temple fut encore restauré en 1947 pour réparer les dégâts dus à la guerre.
Les catholiques du village sont aujourd’hui rattachés à la paroisse de Tavey (70)

Aujourd’hui, le temple est à nouveau en travaux .......

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Evolution démographique

Evolution démographique de la commune depuis le début du XIX ème siècle


1826

1851

1876

1901

1926

1954

1962

1968

1982

1990

2000

286

333

276

216

210

218

248

309

514

489

489

Autant qu’on puisse en juger, Présentevillers fut au moyen Age un petit village. Cela apparait dans les montres d’armes des XVè et XVIè siècles et le raid des Guise qui brûla 17 maisons fait que le village ne devait pas dépasser 80 à 90 âmes en 1588. Une centaine d’habitants à la veille de la guerre de Trente ans, qui ne sont plus que 60 à 70 en 1652. Cependant, tous les patronymes du village des XVè-XVIè siècles se retrouvent encore au XVIIIè siècle dans le lieu. Les plus anciens, de 1443 sont les Mouhot, Coulomb, Mathey, Mathey, Brechot et Perussot, puis en 1498 : les Prêtre, Carron, en 1520 : les Lagarce, en 1530 : les Jehannin et Grosgirard et les Courdier en 1595. Rousselot apparut en 1629. Les patronymes suivants viennent du voisinnage ou de Suisse? comme nouveaux colons, après 1652, ainsi les Lécureux (Roche-lès-Blamont). Le village se repeupla peu à peu ensuite. Il y a eu 13 feux en 1675 et 13 en 1688. Ce recensement établit qu’il y a alors 13 maisons et 13 feux pour 75 habitants comprenant : 14 hommes, 17 femmes, 36 enfants, 5 valets et 3 servantes, tous paysans possédant 28 chevaux, 20 bovins et vivant de la culture des céréales selon l’assolement triennal. La valeur du feu qui vaut 5,76 montre un processus de repeuplement dynamique qui continue en 1698 en passant à 6 unités. A cette date, il y a 79 habitants, 13 feux, avec 44 enfants, 9 domestiques. On note alors 3 feux sur 13 sans enfant. Le recensement de la famine de 1709, dénombra 19 feux et presque 100 personnes, mais la valeur du feu régressa à 5 unités.
En 1723, la structure démographique des 134 recensés montre une population qui, pour presque la moitié, a moins de 16 ans (39 de 1 an à 10 ans et 14 de 10 à 16 ans). Elle comprend aussi 3 célibataires et 18 mariés de 16 à 30 ans, 13 célibataires et 34 mariés de 30 à 60 ans, et pour les plus de 60 ans, 6 célibataires ou veuf et 7 mariés. Pendant tout le XVIIIè siècle, la population augmenta pour arriver à 223 âmes en 1789. Elle augmenta encore pour atteindre son maximum en 1851 avec 333 personnes.
A cette époque, le village comprenait 58 maisons, 147 enfants, 77 hommes et 89 femmes, 158 ha étaient en terres labourables, 28 ha en près, et 38 en parcours et 137 en bois. Les 153 propriétaires se partageaient 2329 parcelles cadastrées. En 1858, le troupeau comptait : 1 taureau, 38 boeufs, 58 vaches et 36 veaux.
Le village fut marqué lors d’une épidémie de choléra de 1854 de 14 décès. Après quoi, la population régressa régulièrement pour tomber au minimun de 177 en 1911. l’exode rurale vers les industries montbéliardaises avait frappé Présentevillers. En même temps, l’agriculture se modifia vers un système agro-pastoral puis pastoral. Une société fromagère dépendant de celle de Bavans fut ouverte en 1891 pour absorber le lait d’un troupeau de plus en plus important. En 1909, il n’y a plus que 80 ha de champs pour 142 ha d’herbages, 156 ha de bois et un cheptel transformé avec 33 chevaux, 5 boeufs, 107 vaches, 68 veaux et autant de porcs. Une tuilerie avait été crée dans le village en 1842 et produisit jusqu’à 150.000 tuiles par an et 50.000 briques.
En 1980, pour 247 ha de surface agricole utile, il y a 135 ha toujours en herbe, 89 ha de céréales, 17 ha de cultures fourragères et un troupeau de 231 bovins et 46 ovins pour les 10 exploitations du village.
L’augmentation de la population de ces dernères années est signe d’une reprise d’une autre nature. Présentevillers est devenu, par la construction de nouvelles résidences, le lieu d’habitation d’une population nouvelle ouvrière, travaillant dans les usines Peugeot poches à Bart ou plus lointaines à Sochaux en fonction du rythme de ramassages quotidiens organisé par l’entreprise.

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TOPONYMIE

pesentey Villari, Pisenteyvillari (1147), Presenteviller (XIIè siècle), Pesenteveler (1291,1389), Presantevillers (1593), Presentevillers (XVIIè siècle).
Patois : Piantevelai
Surnom : “Lai tius breûlais” (le village fut brûlé en 1558 et en 1635) et “copes biantches” (les bonnets blancs).

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